Mission n°79-octobre 2017

Cette mission chirurgicale dans la région du Logone Occidental au Tchad est la 79ème mission d’Handicap Santé. Elle s’est déroulée du 1er au 09 octobre 2017 à l’Hôpital Régional de Moundou et au Centre de réadaptation Notre Dame-de-la-Paix.  Cette mission a duré 8 jours, ce qui était très court. Pendant cette mission, le personnel médical est néanmoins intervenu sur 32 opérations chirurgicales plastiques.  

L’équipe médicale de cette mission était composée :

  • du Dr Véronique COCARD (médecin anesthésiste); 
  • du Dr Xavier SAUVAGNAC(médecin anesthésiste);
  • de Me Catherine PINEAU (infirmière anesthésiste);
  • du Dr Patrick KNIPPER (chirurgien plasticien);
  • du Dr Dominique VASSE (chirurgien plasticien); 
  • du Dr Thérèse AWADA (chirurgien plasticien);
  • du Dr Nelly VIDALI (assistante spécialiste en chirurgie plastique); 
  • du Dr Georges EGLIN (gynécologue-obstétricien); 
  • du Dr Xavier ARNOULD (gynécologue-obstétricien); 
  • de Mme Montserrat RAFOLS PASCUAL (infirmière); 
  • de Mme Laurence PIZZUTTO (infirmière de bloc opératoire); 
  • et de Mme Patricia DECROP (infirmière de bloc opératoire).  

Les coordinatrices de cette mission ont été Catherine PINEAU et Aude MAILLET.

Les responsables du matériel ont été Laurence PIZZUTTO et Catherine TOUCHARD dont nous remercions le travail logistique qui a été fourni.

Il faut également mentionner M. Gabriel BOURBON (Volontaire International) qui a accompagné l’ensemble du personnel médical au Tchad.

Cette année, est venue se rajouter pour la première fois un partenariat avec l’Association Action Santé Femmes qui vient apporter son expertise pour la prise en charge des fistules vaginales. Forte de son solide réseau local, l’association Handicap Santé a pris en charge l’aspect logistique. L’ONG Interplast France a coordonné la prise en charge chirurgicale en chirurgie plastique ainsi que la formation des internes tchadiens. L’ONG ASF a pris en charge le déploiement de la chirurgie des fistules vaginales. 

 

La mise en place d’une mission fistule est une urgence sanitaire indiscutable. La demande est forte, probablement sous-estimée. Associer une mission fistule et une mission plastique apparait comme un projet cohérent et passionnant.

 

Sous, l’égide de Faculté de Médecine de N’Djamena (notamment du Pr. Choua), cinq internes tchadiens ont pu assister à la mission et bénéficier d’une formation théorique et pratique en chirurgie plastique. La mission a été l’occasion d’introduire un enseignement de haute qualité en chirurgie plastique grâce au Dr Patrick Knipper qui a mis en place et développé des cours à la fois théoriques et pratiques au bloc opératoire. 

 

 

 

Chirurgie plastique et reconstructrice

Les premières missions chirurgicales pour le centre des personnes handicapées étaient naturellement réalisées par des chirurgiens orthopédistes : c’étaient les opérateurs les plus compétents pour réparer l’appareil locomoteur des personnes handicapées par la poliomyélite ou les malformations congénitales.

Mais une partie des patients présentaient des séquelles de brûlures particulièrement handicapantes : en effet, en saison froide, par manque d’autres moyens, il est nécessaire d’améliorer la température en mettant un brasero au milieu de la case souvent exigüe. La nuit les tout-petits dorment serrés contre leur mère  et dans le sommeil il arrive parfois que les bébés roulent proche du brasero et se brûlent les extrémités. Comme il n’existe aucune prévention des rétractions cicatricielles, nous sommes amenés à voir quelques années plus tard des enfants avec des déformations majeures des membres très gênantes sur le plan fonctionnel.

Le traitement de ces cicatrices de brûlures est particulièrement difficile et nécessite des techniques complexes de greffe cutanée et de lambeau musculo-cutané particulièrement bien maîtrisées par les chirurgiens plasticiens.

C’est ce qui nous a conduit à demander à des chirurgiens plasticiens de se joindre à nos missions.

Il se trouve que ces chirurgiens traitent des malformations congénitales comme les fentes labiales communément appelées « bec de lièvre ».

Le « bec de lièvre » est une malformation bénigne dans nos pays, où les enfants sont opérés avant l’âge de 2 mois, ce qui fait que l’on n’en voit plus… Au Tchad, personne ou presque ne les opère, et ces enfants se retrouvent à l’âge adulte avec des visages altérés. Ce handicap n’exclue en rien la personne de l’entourage, puisque bon nombre qu’ils soient femme ou homme sont mariés et ont des enfants. 

Les opérer présente un  intérêt esthétique fort appréciable et une reconnaissance exprimée spontanément par les bénéficiaires er leurs familles.

Dr Patrice Bouygues